Revêtant de multiples aspects suivant leur localisation, les verrues cutanées affectent environ un quart des enfants d'âge scolaire. Il s'agit d'une infection cutanée bénigne et peu contagieuse liée à la présence d'un papillomavirus à la surface de la peau.
Elles surviennent après plusieurs mois d’incubation. La plupart d’entre elles disparaissent spontanément en quelques mois, mais certaines peuvent persister des années. Il est à noter également que les récidives sont fréquentes.

le papillomavirus est un virus ubiquitaire présent à la surface de la peau de plus de 50% des individus !

A la plante des pieds il en existe deux sortes:

 

- La verrue unique est profonde et bien délimitée par un anneau de corne (épaississement de la peau). Son centre est tâcheté de points noirâtres : il s’agit de petits vaisseaux sanguins, ce qui explique que cette verrue puisse parfois saigner. Elle est aussi douloureuse pendant la marche, à cause de la pression exercée par le poids du corps.

- Les verrues multiples sont superficielles et regroupées sous la forme de plaques de peau épaissie, ressemblant à des mosaïques. Elles sont beaucoup moins douloureuses qu’une verrue unique.

 

Les verrues plantaires sont à distinguer des cors aux pieds

 

Plusieurs critères permettent de différencier une verrue plantaire d’un cor :

  •          lorsqu’on la pince entre deux doigts, la verrue est douloureuse, contrairement au cor qui est douloureux à la pression ;
  •          les petits vaisseaux sanguins visibles au centre de la verrue sont absents dans le cas d’un cor ;
  •          sur la verrue, les lignes naturelles de la peau sont interrompues, mais pas sur le cor.

Comment les éviter

  • Éviter de marcher pieds nus, sauf sur les plages de sable. Utiliser des sandales de douche, en particulier dans les salles d'eau publiques.
  • Changer de chaussures et de chaussettes tous les jours
  • Garder vos pieds propres et secs
  • Vérifier périodiquement les pieds de vos enfants
  • Éviter tout contact direct avec des verrues Plantaires d'autres personnes.
  • Ne pas toucher la verrue plantaire d’une autre personne. Pour éviter les risques de propagation, ne pas les égratigner, les faire saigner : les verrues Plantaires se propagent facilement aux petites coupures et aux éraflures
  • Ne pas négliger toute excroissance ou tout changement sur la peau de votre pied
  • Éviter de partager des chaussettes, des chaussures, des douches communes
  • Protéger la peau des blessures et se laver les mains fréquemment. Les verrues Plantaires devraient être couvertes avec du ruban adhésif étanche à l'eau dans des environnements humides tels que douches et les piscines pour éviter de propager l’infection

Les mécanismes de développement des verrues sont encore mal élucidés

On ne sait pas aujourd'hui pourquoi ces papillomavirus si fréquemment présents à la surface de la peau de nombreux individus vont être responsables du développement de verrues cutanées chez certaines personnes et pas chez d'autres. Une susceptibilité / un terrain génétique et/ou immunitaire est (sont) évoqué(es).

De même, lorsque le papillomavirus pénètre dans la cellule épidermique (kératinocyte), il peut soit profiter de la multiplication normale des kératinocytes et être ainsi expulsé à la surface de la peau (cycle productif), soit rester à l'état de latence, c'est-à-dire endormi, au sein du kératinocyte et se réveiller un jour, à la faveur d'un stress, d'un déficit des défenses de l'organisme, et entamer alors un « cycle productif ». On ne sait toujours pas aujourd'hui ce qui conditionne « le cycle productif » ou au contraire la « latence » et la « résurgence » du virus après plusieurs années de latence…

 

 Une verrue plantaire siège d'une ulcération chronique ainsi qu'une verrue péri-unguéale (autour de l'ongle) ulcérée ou modifiant l'ongle doivent faire consulter un dermatologue afin d'éliminer un cancer cutané pouvant prendre l'aspect d'une verrue.

Le traitement des verrues

L'impossibilité d'éradiquer le virus de façon définitive explique la fréquence des récidives et parfois le sentiment de découragement éprouvé devant des traitements perçus comme insuffisamment efficaces.

Les verrues cutanées régressent le plus souvent spontanément dans les 2 ans ce qui peut justifier l'abstention thérapeutique. Dans certains cas, les lésions peuvent persister plusieurs années, chez l'enfant comme chez l'adulte.

En effet, aucun traitement ne permet aujourd'hui l'éradication du virus. L'objectif thérapeutique se résume donc à la destruction pure et simple des lésions visibles par diverses méthodes, aucune d'entre elles n'ayant fait la preuve de sa supériorité à long terme par rapport aux autres. Il n'existe actuellement aucune recommandation privilégiant une méthode plutôt qu'une autre et on peut ainsi indifféremment commencer par l'une ou l'autre technique, et passer également indifféremment de l'une à l'autre.

Il existe plusieurs méthodes physiques de destruction des verrues. Toutes sont plus ou moins douloureuses et peuvent nécessiter parfois une anesthésie locale.

La cryothérapie: c'est de loin la méthode la plus répandue en raison de son extrême facilité d'utilisation et de son faible coût. Elle consiste en l'application locale d'azote liquide, soit à l'aide d'un coton-tige maintenu sur la lésion pendant une dizaine de secondes, soit par pulvérisation à l'aide d'un spray. C'est une méthode qui peut être efficace dès la première séance, mais il est souvent nécessaire de renouveler l'opération plusieurs fois pour obtenir la disparition totale des lésions. 

L'électrocoagulation, la chirurgie, le laser sont de moins en moins utilisées du fait des risques de cicatrices.

Les méthodes chimiques sont souvent utilisées par le patient lui-même ou par un professionnel. Ce sont des kératolitiques qui vont détruire la couche cornée (acide salicylique par exemple), l'application peut être faite sous pansement occlusif mais on les trouve également sous forme de patchs.

Les limites de la médecine traditionnelle dans le traitement des verrues cutanées laissent évidemment la place aux méthodes moins conventionnelles et aux médecines parallèles qui peuvent avoir une certaine efficacité. Les traitements homéopathiques et phytothérapiques, les magnétiseurs, les rebouteux sont ainsi régulièrement essayés par bon nombre de personnes avec parfois une relative efficacité, en n'oubliant pas cependant que l'évolution naturelle des verrues est habituellement leur disparition spontanée… avec ou sans traitement !